{"id":1102,"date":"2017-07-31T16:38:56","date_gmt":"2017-07-31T15:38:56","guid":{"rendered":"https:\/\/julielimoges.wordpress.com\/?page_id=1102"},"modified":"2017-07-31T16:38:56","modified_gmt":"2017-07-31T15:38:56","slug":"nouvelle-complete-une-maison-dans-le-sud","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/julie-limoges.fr\/?page_id=1102","title":{"rendered":"Nouvelle compl\u00e8te : Une maison dans le Sud"},"content":{"rendered":"<div style=\"overflow:hidden;text-align:justify;\">\n<p class=\"Standard\" align=\"center\"><span style=\"font-size:140%;color:#666;\"><b>Une maison dans le Sud<\/b><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une maison, une maison dans le Sud.<\/p>\n<p>Un beau mas de Provence construit sur un terrain pentu travers\u00e9 de restanques bien align\u00e9es. Avec une simple route en terre pour y acc\u00e9der et des arbres touffus pour le camoufler aux regards indiscrets, il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019un paradis de tranquillit\u00e9 pelotonn\u00e9 au fond d\u2019un val isol\u00e9.<\/p>\n<p>Un paradis aux murs neufs et \u00e0 la peinture fra\u00eeche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le premier jour, Jean et Lydia avaient senti leur c\u0153ur se soulever de bonheur en descendant de leur voiture. Les d\u00e9m\u00e9nageurs \u00e9taient pourtant encore \u00e0 l\u2019\u0153uvre et les cartons empil\u00e9s dans tous les coins donnaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la b\u00e2tisse un air de ville assi\u00e9g\u00e9e. Le chaos ambiant ne les avait n\u00e9anmoins pas emp\u00each\u00e9s de se projeter dans l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Chez eux.<\/p>\n<p>Maintenant \u00e0 la retraite, ils allaient \u2013 enfin\u00a0! s\u2019installer dans leur maison. Celle qu\u2019ils avaient construite en r\u00eave et r\u00eav\u00e9 de construire toute leur vie.<\/p>\n<p>Ils avaient tout choisi. De la premi\u00e8re brique \u00e0 la derni\u00e8re plinthe, de la largeur des escaliers \u00e0 l\u2019espacement des luminaires, de la couleur des murs aux teintes du papier peint des placards.<\/p>\n<p>Tout.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9part des d\u00e9m\u00e9nageurs, les jours s\u2019\u00e9taient envol\u00e9s aussi vite que les mois d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>La maison s\u2019\u00e9tait remplie petit \u00e0 petit de meubles et avait \u00e9t\u00e9 habill\u00e9e de tableaux, de plantes et de souvenirs. Dans le m\u00eame temps, la terrasse sur\u00e9lev\u00e9e s\u2019\u00e9tait couverte de fleurs et les restanques, de grands massifs.<\/p>\n<p>Sur la coquette esplanade de bois, Jean et Lydia aimaient savourer, le soir venu, un verre de vin. Assis dans leurs fauteuils, ils planifiaient les am\u00e9nagements du lendemain dans la douce p\u00e9nombre du vallon.<\/p>\n<p>Le mois d\u2019ao\u00fbt touchait \u00e0 sa fin quand le soleil de plomb refusa de laisser sa place \u00e0 la pluie. La temp\u00e9rature monta d\u00e8s lors chaque jour un peu plus. Jean et Lydia s\u2019en accommod\u00e8rent, toujours plong\u00e9s dans l\u2019effervescence de leur emm\u00e9nagement. Ils dormaient moins bien et la chaleur les assommait, certes, mais ils \u00e9taient heureux. Quelques degr\u00e9s de trop n\u2019\u00e9taient pas suffisants pour entacher leur bonne humeur.<\/p>\n<p>Il leur fallait juste un peu plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align:center;\">***<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une semaine plus tard, Jean et Lydia portaient l&#8217;ultime touche \u00e0 la d\u00e9coration du salon lorsqu\u2019ils la hum\u00e8rent pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>L\u2019odeur.<\/p>\n<p>Une puanteur \u00e2cre et ent\u00eatante. Chaude. Moite. Des miasmes aussi diffus que pr\u00e9gnants, semblant venir de partout et de nulle part \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Ils s\u2019en alarm\u00e8rent, bien s\u00fbr, et \u00e9cum\u00e8rent la b\u00e2tisse \u00e0 la recherche de t\u00e2ches d\u2019humidit\u00e9 ou de canalisations ab\u00eem\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour ne rien trouver.<\/p>\n<p>\u2014 C\u2019est s\u00fbrement un petit animal crev\u00e9 dans les murs, sugg\u00e9ra Jean. Il a d\u00fb se coincer dans un tuyau. Un large popotin, ces b\u00eates-l\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019appr\u00e9cie que tu n\u2019ajoutes pas \u00ab\u00a0comme ta m\u00e8re\u00a0\u00bb \u2026 soupira Lydia avec un sourire.<\/p>\n<p>\u2014 Non, ta m\u00e8re ferait exploser le tuyau\u00a0! se moqua Jean.<\/p>\n<p>Ils rirent tous deux et all\u00e8rent ensuite prendre leur repas dans la cuisine. Ce soir-l\u00e0, \u00e0 l&#8217;instar des nuits pr\u00e9c\u00e9dentes, ils se couch\u00e8rent heureux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le lendemain, Jean s\u2019inqui\u00e9ta pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>De la grosseur d\u2019un ongle et de la noirceur des excr\u00e9ments dont elles se repaissent, les mouches d\u00e9barqu\u00e8rent dans la maison. Le salon bourdonna de leur charge h\u00e9ro\u00efque. Elles se vautr\u00e8rent sur les tableaux hors de prix, salirent de leurs corps d\u00e9go\u00fbtants les murs d\u2019un blanc nacr\u00e9, ne respect\u00e8rent ni la nourriture ni les occupants. Lydia les chassait des fruits et des l\u00e9gumes\u00a0; elles revenaient aussit\u00f4t. Jean entreprit de les \u00e9craser par dizaine\u00a0; elles paraissaient toujours plus nombreuses.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs heures de vaine lutte, \u00e0 coup de bombes insecticides et de produits r\u00e9pulsifs, ils durent s\u2019avouer vaincus.<\/p>\n<p>\u2014 Foutues mouches, marmonna Jean.<\/p>\n<p>Il se tourna vers sa femme, qu\u2019il d\u00e9couvrit livide devant son int\u00e9rieur annex\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Au moins, elles ne nous mangeront pas\u00a0! s\u2019exclama-t-il pour d\u00e9tendre l\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p>Lydia afficha un l\u00e9ger sourire \u00e0 ses \u00e9lucubrations, puis ses yeux bleus exprim\u00e8rent le d\u00e9sarroi quand ils se pos\u00e8rent de nouveau sur les insectes hideux.<\/p>\n<p>Pendant le d\u00e9jeuner, entre deux mouvements de bras pour \u00e9carter les b\u00eates de son assiette, Jean arriva \u00e0 la conclusion que cette situation ne pouvait plus durer. Il se leva, adressa un regard compr\u00e9hensif \u00e0 Lydia et se rendit dans le salon. Apr\u00e8s une recherche dans le bottin, il composa un num\u00e9ro. \u00c0 l\u2019autre bout du fil, un homme \u00e0 la voix grave et au timbre rauque\u00a0d\u00e9crocha. Il se pr\u00e9senta comme un sp\u00e9cialiste des nuisibles\u00a0: un tueur d\u2019insectes.<\/p>\n<p>La discussion commen\u00e7a, pleine d\u2019espoir. Puis, rapidement, le visage de Jean se tordit dans une grimace contrari\u00e9e.<\/p>\n<p>Une semaine.<\/p>\n<p>Il ne viendrait que dans sept jours. Jean accepta le rendez-vous, conscient qu\u2019il n\u2019obtiendrait pas mieux chez le peu de concurrents revenus de vacances. Pas question d\u2019aller vivre ailleurs, non plus, leur plus proche famille et leurs amis habitaient \u00e0 des centaines de kilom\u00e8tres. Quant aux h\u00f4tels, ils ne trouveraient rien \u00e0 un prix raisonnable en pleine saison touristique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le quotidien se poursuivit dans le bourdonnement continuel des mouches. Jean et Lydia d\u00e9jeunaient, se lavaient et dormaient avec lui. Il r\u00e9sonnait dans leur corps et tournoyait dans leur esprit.<\/p>\n<p>Et l\u2019odeur \u2013 oh, l\u2019odeur\u00a0! elle s\u2019amplifia. La puanteur, qui se limitait jusque-l\u00e0 au salon, gagna peu \u00e0 peu toute la maison.<\/p>\n<p>Quelques heures apr\u00e8s le coup de t\u00e9l\u00e9phone, elle s\u2019insinua goul\u00fbment dans la cuisine, puis dans la buanderie adjacente. Le lendemain, elle se faufila en douce jusqu\u2019aux toilettes, avant de gravir lentement les marches de son pas naus\u00e9abond. Arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tage, le troisi\u00e8me jour, elle conquit la salle de bain. Le dressing tomba rapidement sous ses griffes. Au cr\u00e9puscule, la pestilence avait pris place dans le lit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le quatri\u00e8me jour apr\u00e8s l\u2019invasion des insectes, le paradis s\u2019\u00e9tait bel et bien transform\u00e9 en enfer.<\/p>\n<p>Lydia passait de longs moments sur la terrasse o\u00f9 elle se r\u00e9fugiait malgr\u00e9 la chaleur \u00e9crasante, prostr\u00e9e sur son si\u00e8ge et au bord des larmes. Elle avait ferm\u00e9 la baie vitr\u00e9e pour ne pas entendre le bourdonnement infernal, mais les mouches se heurtaient \u00e0 la vitre dans un \u00e9c\u0153urant \u00ab\u00a0poc\u00a0\u00bb qu\u2019elle ne pouvait ignorer.<\/p>\n<p>\u2014 Ne ferme pas\u00a0! lui assena Jean en rouvrant la vitre. Elles ne quitteront pas la maison, sinon\u00a0!<\/p>\n<p>Lydia regarda avec perplexit\u00e9 son mari secouer un torchon devant les fen\u00eatres et les portes, toutes ouvertes. Oh, les insectes d\u00e9moniaques se fichaient bien de leurs gesticulations\u2026 Ils devaient rire, d\u2019ailleurs, en les voyant si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Le soir venu, les insectes \u00e9taient toujours l\u00e0, accroch\u00e9s sur les murs \u00e0 les fixer de leurs yeux globuleux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le cinqui\u00e8me jour, Lydia se r\u00e9veilla au son strident d\u2019une mouche qui fr\u00f4lait son oreille. Elle chassa d\u2019une main lourde l\u2019importune, qui revint se poser sur son bras. Elle soupira et renon\u00e7a \u00e0 se d\u00e9battre. Elle suivit d\u00e8s lors le ballet incessant des formes noires sur le plafond jusqu\u2019\u00e0 ce que Jean s&#8217;\u00e9veille \u00e0 son tour.<\/p>\n<p>Ils prirent le petit d\u00e9jeuner sur la terrasse, loin des insectes et de l\u2019odeur immonde. Malgr\u00e9 le ciel bleu et le soleil \u00e9clatant, aucun d\u2019eux ne profita de ce moment de r\u00e9pit. La fatigue se lisait sur leurs visages bl\u00eames aux yeux cern\u00e9s. Eux, nagu\u00e8re pimpants sexag\u00e9naires aux traits rieurs, \u00e9taient devenus en l\u2019espace de quelques jours deux petits vieux us\u00e9s et grincheux.<\/p>\n<p>Jean n\u2019essayait plus de d\u00e9tendre l\u2019atmosph\u00e8re. Il ronchonnait aussit\u00f4t qu\u2019un insecte l\u2019effleurait.<\/p>\n<p>Lydia demeurait mutique, le regard \u00e0 la fois perdu dans le vide et fr\u00e9n\u00e9tique au moindre bourdonnement.<\/p>\n<p>Lorsque Jean se leva \u00e0 la fin du repas pour ranger les produits frais, il oublia de fermer la porte-fen\u00eatre derri\u00e8re lui. Son entr\u00e9e dans le salon occup\u00e9 provoqua la panique chez les mouches. Elles d\u00e9coll\u00e8rent toutes en m\u00eame temps et se ru\u00e8rent vers la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Certaines r\u00e9ussirent \u00e0 passer par l\u2019ouverture. Les autres, tr\u00e8s nombreuses, percut\u00e8rent la vitre avant de s\u2019ent\u00eater contre l\u2019obstacle dans une m\u00eal\u00e9e informe.<\/p>\n<p>\u2014 Jean\u00a0! cria Lydia en se redressant. Fais un peu attention\u00a0!<\/p>\n<p>Elle recula jusqu\u2019au bord de la terrasse, les yeux exorbit\u00e9s par la peur et les poings serr\u00e9s.<\/p>\n<p>\u2014 Calme-toi, r\u00e9torqua-t-il s\u00e8chement. Il ne s\u2019agit que de mouches.<\/p>\n<p>Le ton plus que le contenu de la phrase amena Lydia \u00e0 l\u2019explosion.<\/p>\n<p>\u2014 <em>Que<\/em> de mouches, hein\u00a0! s\u2019\u00e9gosilla-t-elle. On ne peut m\u00eame plus vivre dans notre maison\u00a0! Je viens ici d\u00e8s que je me suis lav\u00e9e et j\u2019y reste jusqu\u2019au soir, sous le cagnard\u00a0!<\/p>\n<p>\u2014 Je sais\u00a0! tonna Jean. Et que veux-tu que j\u2019y fasse, l\u00e0, maintenant\u00a0?<\/p>\n<p>\u2014 Tu aurais d\u00fb rappeler le sp\u00e9cialiste, insister jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il vienne, contra-t-elle. Mais comme \u00e0 chaque fois tu fais le dos rond plut\u00f4t que de t\u2019affirmer.<\/p>\n<p>\u2014 Tu aurais pu aussi t\u2019en occuper toi-m\u00eame, si je suis si nul\u00a0!<\/p>\n<p>\u2014 Oh, Jean\u00a0! hurla-t-elle presque. Ne recommence pas\u00a0!<\/p>\n<p>Les sentiments de Jean le poussaient \u00e0 s\u2019approcher d\u2019elle et \u00e0 la prendre dans ses bras. Son amertume le fit se retourner sans rien dire.<\/p>\n<p>Il s\u2019enfuit vers la cuisine, abandonna ce qu\u2019il portait, puis en ressortit pour gravir l\u2019escalier. Il s\u2019isola dans le bureau o\u00f9 il se laissa choir dans un large fauteuil.<\/p>\n<p>La col\u00e8re amplifiait la chaleur d\u00e9j\u00e0 \u00e9touffante de cette journ\u00e9e caniculaire. Il transpirait \u00e0 grosses gouttes. Tandis qu\u2019il \u00e9tendait ses jambes, il se rendit compte que les mouches avaient cess\u00e9 de voler. Elles paraissaient le fixer de leurs innombrables et \u00e9normes yeux, comme si elles attendaient quelque chose avec impatience. Jean n\u2019appr\u00e9ciait pas leur int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Il s\u2019endormit n\u00e9anmoins, berc\u00e9 par la ti\u00e9deur de l\u2019air et le souffle f\u00e9tide de l\u2019odeur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align:center;\">***<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un bruit tonitruant tira Jean de son doux sommeil et le fit sursauter.<\/p>\n<p>La nuit \u00e9tait tomb\u00e9e et le bureau, plong\u00e9 dans une obscurit\u00e9 dense. Par la fen\u00eatre p\u00e9n\u00e9trait \u00e0 pr\u00e9sent un vent puissant. Il portait les rugissements de la temp\u00eate qui se d\u00e9cha\u00eenait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et sa moiteur \u00e9touffa Jean plus s\u00fbrement encore que la canicule de l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>Un \u00e9clair furieux sortit la pi\u00e8ce des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>Il r\u00e9v\u00e9la le cadre de la fen\u00eatre, ainsi que les grappes noires \u00e9tal\u00e9es sur le papier peint rose. L\u2019espace d\u2019un instant, Jean eut l\u2019impression qu\u2019elles coulaient le long des parois. La lumi\u00e8re se r\u00e9verb\u00e9ra dans leur robe luisante, souligna les reliefs \u00e9tranges de cette masse grasse et grouillante.<\/p>\n<p>Puis, tout disparu dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p>Jean secoua la t\u00eate pour remettre en ordre ses pens\u00e9es, puis se releva. Il t\u00e2tonna pour rejoindre la porte, qu\u2019il ouvrit avant de p\u00e9n\u00e9trer dans le couloir sombre. Sa main trouva l\u2019interrupteur, mais aucun \u00e9clat ne jaillit des plafonniers quand elle le bascula.<\/p>\n<p>La maison \u00e9tait-elle enti\u00e8rement priv\u00e9e de courant\u00a0? L\u2019invasion des mouches, la canicule et maintenant \u00e7a\u2026 Il jura entre ses dents et avan\u00e7a lentement vers l\u2019endroit qu\u2019il supposait \u00eatre le haut de l\u2019escalier.<\/p>\n<p>Il remarqua alors une faible lueur provenant du rez-de-chauss\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lydia\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il descendit prudemment les marches et trouva sa femme assise au milieu du salon, le plaid du canap\u00e9 sur la t\u00eate. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, sur la table basse, trois bougies \u00e9clairaient le maigre espace compos\u00e9 du bord de la chemin\u00e9e, du tapis devant elle et des fauteuils install\u00e9s en arc de cercle.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de cette muraille d\u00e9risoire, des essaims d\u2019insectes tourbillonnaient.<\/p>\n<p>La chaleur et l\u2019orage avaient excit\u00e9 l\u2019arm\u00e9e de mouches. Le bruit strident de leurs ailes couvrait presque celui du tonnerre tant elles se cognaient et s\u2019accrochaient. La perspective de la pi\u00e8ce paraissait se perdre dans les nuages noirs qui allaient et venaient \u00e0 toute vitesse. Les rideaux grouillaient autant qu\u2019un filet de p\u00eache abandonn\u00e9 et les lampes d\u00e9sormais \u00e9teintes servaient de refuge \u00e0 des centaines de papillons et de petites b\u00eates nocturnes, elles aussi pi\u00e9g\u00e9es dans ce cloaque.<\/p>\n<p>Car leur maison dans le Sud, leur beau mas n\u2019\u00e9tait rien d\u2019autre \u00e0 cet instant.<\/p>\n<p>Jean resta immobile au pied de l\u2019escalier, \u00e9cras\u00e9 par cette vision. Ses yeux suivirent le vol chaotique de l\u2019armada en d\u00e9route, puis ils s\u2019arr\u00eat\u00e8rent sur Lydia.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Oh, Lydia\u2026\u00a0\u00bb songea-t-il avec tristesse.<\/p>\n<p>Il \u00e9carta les vagues d\u2019insectes en les balayant de ses bras et vint s\u2019agenouiller \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa femme. Il passa ensuite ses mains sur la couverture et attrapa doucement son visage.<\/p>\n<p>\u2014 Il n\u2019y a plus d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, bredouilla-t-elle. Et le t\u00e9l\u00e9phone est coup\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014 Je sais, r\u00e9pondit-il simplement.<\/p>\n<p>\u2014 J\u2019ai \u00e9cras\u00e9 toutes les mouches que j\u2019ai pu, lan\u00e7a-t-elle, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Une par une, jusqu\u2019\u00e0 en faire de gros tas au sol\u2026 Et tu sais quoi\u00a0? Les autres les ont mang\u00e9s.<\/p>\n<p>Elle rit d\u2019un rire morne.<\/p>\n<p>\u2014 Elles les ont mang\u00e9s et elles ont \u00e9t\u00e9 pondre partout, m\u00eame dans les tiroirs. Elles vont nous manger, nous aussi, tu sais.<\/p>\n<p>\u2014 Non, Lydia, elles ne nous mangeront pas, dit-il pour la rassurer.<\/p>\n<p>Il profita de ce qu\u2019elle levait la t\u00eate vers lui pour la prendre dans ses bras. Elle s\u2019y pelotonna d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment.<\/p>\n<p>Ils rest\u00e8rent ainsi de longues minutes, assomm\u00e9s par le tonnerre implacable et le bourdonnement incessant. Puis, Jean sentit Lydia se d\u00e9tendre et sa respiration se calmer. Il s\u2019appuya contre le bord du canap\u00e9.<\/p>\n<p>Le cuir du meuble \u00e9tait mouill\u00e9. Tout comme la table et l\u2019\u00e9cran de la t\u00e9l\u00e9vision. L\u2019humidit\u00e9 badigeonnait la moindre surface lisse tandis que des boursouflures cloquaient le papier peint.<\/p>\n<p>La maison enti\u00e8re suintait.<\/p>\n<p>Et l\u2019odeur\u2026 Cette foutue odeur\u00a0!<\/p>\n<p>Jean peinait \u00e0 ignorer sa pr\u00e9sence r\u00e9pugnante lorsqu\u2019un baroufle assourdissant se r\u00e9percuta dehors. Il fut suivi par un bruit d\u00e9chirant.<\/p>\n<p>Le vent redoubla et son rugissement se m\u00eala aux bourdonnements affol\u00e9s des milliers de mouches.<\/p>\n<p>\u2014 Jean\u00a0? s\u2019inqui\u00e9ta Lydia.<\/p>\n<p>Il ne r\u00e9pondit pas. Il craignait qu\u2019un arbre ne tombe sur le toit ou, pire, qu\u2019un glissement de terrain les emporte, Lydia, lui, la villa et leurs saloperies d\u2019envahisseuses.<\/p>\n<p>L\u2019odeur s\u2019amplifia alors d\u2019un coup, le prenant au d\u00e9pourvu.<\/p>\n<p>La puanteur reflua des pi\u00e8ces de l\u2019\u00e9tage, d\u00e9vala les marches jusqu\u2019au salon et vint s\u2019asseoir sur le fauteuil devant la fen\u00eatre. La maison d\u00e9gageait une telle \u00e9manation que Jean dut se plaquer une main sur le visage. Son nez hurlait \u00e0 l\u2019infamie. Ses yeux pleuraient sous l\u2019\u00e2cret\u00e9 des effluves.<\/p>\n<p>L\u2019odeur \u00e9tait insupportable.<\/p>\n<p>Il se leva d\u2019un bloc.<\/p>\n<p>\u2014 Jean\u00a0? implora Lydia.<\/p>\n<p>Il pivota et scruta les parois, les baies, les plinthes\u00a0: tout ce qu\u2019ils avaient eux-m\u00eames dessin\u00e9 et plac\u00e9 dans les plans d\u00e9finitifs. Son regard s\u2019arr\u00eata sur la grande et belle peinture accroch\u00e9e sur la cloison courant du bas de l\u2019escalier jusqu\u2019\u00e0 la porte de la cuisine.<\/p>\n<p>Ce mur o\u00f9 transitaient nombre de canalisations. Ce mur qui d\u00e9goulinait \u00e0 la fois d\u2019eau et d\u2019une immonde chape noire de mouches.<\/p>\n<p>Il s\u2019approcha du tableau d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9, ignorant les insectes qui le fr\u00f4laient ainsi que la puanteur qui l\u2019assommait, et attrapa les bords de la toile.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re, il d\u00e9couvrit le papier peint gorg\u00e9 d\u2019un liquide noir\u00e2tre. La tache humide formait une vaste silhouette semblable \u00e0 celle d\u2019un oiseau. Au milieu, \u00e0 la hauteur de la t\u00eate du pauvre volatile, un trou d\u2019une dizaine de centim\u00e8tres d\u00e9figurait la paroi. L\u2019eau sale s\u2019infiltrait par l\u00e0 et charriait avec elle tout un tas de fluides \u00e9tranges et de petites nasses d\u2019\u0153ufs aussi blancs que l\u2019\u00e9taient jadis les murs.<\/p>\n<p>L\u2019odeur avait \u00e9lu domicile de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. De sa cachette naus\u00e9abonde, elle pouvait les poursuivre n\u2019importe o\u00f9 dans la maison.<\/p>\n<p>\u2014 Jean\u00a0! cria Lydia.<\/p>\n<p>Le tonnerre gronda.<\/p>\n<p>Il s\u2019adressa aux visc\u00e8res fatigu\u00e9s de Jean et r\u00e9veilla son corps suant. Sa col\u00e8re fit le reste.<\/p>\n<p>Il se tourna vers sa femme et la fixa. Ses yeux avaient beau s\u2019accrocher \u00e0 son visage, ils ne la voyaient pas. Ils d\u00e9voraient de leur intensit\u00e9 le tisonnier \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la chemin\u00e9e.<\/p>\n<p>Les membres de Jean se mirent en route machinalement. Ils le men\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2tre, saisirent l\u2019objet, puis le ramen\u00e8rent devant le trou abject.<\/p>\n<p>Le premier coup fissura le mur fragilis\u00e9. Le deuxi\u00e8me arracha un bout du papier peint et fit tomber un pan de pl\u00e2tre. Le suivant, plus puissant encore, ouvrit une br\u00e8che profonde dans les d\u00e9fenses de l\u2019odeur.<\/p>\n<p>Un bourdonnement terrifiant remonta des fondations de la maison. La gla\u00e7ante menace ne parvint n\u00e9anmoins pas \u00e0 atteindre Jean, qui porta un nouveau coup, de toutes ses forces.<\/p>\n<p>Une clameur monstrueuse succ\u00e9da \u00e0 son geste.<\/p>\n<p>De derri\u00e8re la paroi \u00e9ventr\u00e9e, des milliers de mouches se ru\u00e8rent dans le salon. Les battements de leurs innombrables paires d\u2019ailes couvrirent totalement les rugissements du vent et le tapage de l\u2019orage.<\/p>\n<p>Jean ne voyait plus rien. La mar\u00e9e d\u2019insectes tournait autour de lui, venant et refluant comme les vagues sur un rivage abandonn\u00e9. Elle occultait totalement son champ de vision, percutait son visage et vrombissait dans ses oreilles. Il sentait les pattes d\u00e9go\u00fbtantes courir sur sa peau. Ses v\u00eatements devenus vivants remuaient sous la pouss\u00e9e des mouches pi\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<p>Perdue dans cette gigantesque nu\u00e9e, Lydia hurlait. Jean r\u00e9alisa qu\u2019il criait, lui aussi, lorsqu\u2019une poign\u00e9e d&#8217;insectes p\u00e9n\u00e9tra dans sa bouche.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9barrassa du tisonnier et recracha tout ce qu\u2019il put. Le go\u00fbt rance sur sa langue lui indiqua qu\u2019il en restait encore. La bile remonta de son estomac, puis un liquide chaud et puant jaillit de ses l\u00e8vres. Il distingua vaguement ses mains, au travers des formes noires et fusantes qui striaient le monde.<\/p>\n<p>Elles \u00e9taient couvertes d\u2019un fluide jaun\u00e2tre\u2026 et de mouches.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, les b\u00eates avides s\u2019\u00e9taient jet\u00e9es sur leur pitance toujours ti\u00e8de. Elles aspiraient le jus r\u00e9pugnant ainsi que tout ce qui se trouvait \u00e0 leur port\u00e9e. Telle que la peau de Jean.<\/p>\n<p>La douleur succ\u00e9da au d\u00e9go\u00fbt. Des centaines de bouches ardentes attaqu\u00e8rent son \u00e9piderme et envoy\u00e8rent sur ses nerfs une souffrance insupportable. \u00c7a le d\u00e9mangeait \u00e0 le rendre fou. \u00c7a le br\u00fblait \u00e0 l\u2019en faire pleurer.<\/p>\n<p>\u00c7a le d\u00e9vorait.<\/p>\n<p>Il se frictionna le corps de ses mains sales, tenta de se lib\u00e9rer du monstre d\u2019insectes.<\/p>\n<p>En vain.<\/p>\n<p>Les cr\u00e9atures insatiables ne l\u00e2ch\u00e8rent pas leur repas.<\/p>\n<p>Jean hurla. Jean se d\u00e9battit. Alors qu\u2019il essayait de s\u2019enfuir, ses semelles gliss\u00e8rent sur le carrelage humide. Son dos percuta avec violence le mur \u00e9ventr\u00e9. La paroi r\u00e9sista quelques instants, avant de c\u00e9der dans un cri d\u00e9chirant.<\/p>\n<p>Un pan entier du mur bascula en arri\u00e8re, entra\u00eenant Jean avec lui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align:center;\">***<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand Lydia rouvrit les yeux, elle fut accueillie par les rayons du soleil.<\/p>\n<p>De sa position, elle apercevait le ciel par\u00e9 de sa robe matinale l\u00e9g\u00e8rement ros\u00e9e. Les oiseaux chantaient pour l\u2019encourager et une brise t\u00e9nue se faufilait entre les branches o\u00f9 ils \u00e9taient perch\u00e9s.<\/p>\n<p>Le doux son de la nature \u00e9tait cependant troubl\u00e9 par un vrombissement.<\/p>\n<p>Lydia grima\u00e7a, g\u00ean\u00e9e par le bruit, puis elle se passa une main sur le front pour d\u00e9gager un cheveu qui la chatouillait. Ses doigts ne rencontr\u00e8rent pas la m\u00e8che, mais le corps bourdonnant d\u2019un insecte, qui, m\u00e9content, s\u2019envola et alla se poser sur la baie vitr\u00e9e entrouverte.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de la petite mouche \u00e0 l\u2019abdomen noir et aux yeux globuleux rappela \u00e0 Lydia le cauchemar des jours pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Elle se redressa aussit\u00f4t, les muscles tendus et le regard alerte. Son attention se porta imm\u00e9diatement sur la couche noire qui recouvrait l\u2019ensemble des murs\u00a0; la maison enti\u00e8re semblait avoir \u00e9t\u00e9 repeinte pendant la nuit.<\/p>\n<p>Une autre zone restait \u00e9pargn\u00e9e par la fange et il s\u2019agissait du vaste trou qui d\u00e9figurait la paroi au bout de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Jean\u00a0!\u00a0\u00bb pensa soudain Lydia.<\/p>\n<p>Elle se retint de crier le nom de son mari et se releva avec lenteur. Les insectes ne r\u00e9agirent pas \u00e0 ses mouvements, comme si la temp\u00eate les avait eux aussi \u00e9puis\u00e9s. Elle profita de leur apathie pour se rendre jusqu\u2019au mur \u00e9ventr\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019odeur \u00e9crasante gagna ses narines et s\u2019amplifia \u00e0 mesure que Lydia avan\u00e7ait. La puanteur devint insupportable au niveau du trou. La lumi\u00e8re y filtrait, \u00e9clairant le vide sanitaire, deux m\u00e8tres en dessous. Lydia se plaqua une main sur le visage, puis se pencha par la br\u00e8che.<\/p>\n<p>Elle hurla.<\/p>\n<p>Sa voix cass\u00e9e d\u00e9vala la large colonne d\u2019a\u00e9ration, heurta la couche de d\u00e9jections qui en tapissait le fond, suivit la pente douce badigeonn\u00e9e de papier toilette et mourut dans la bouche d\u00e9ploy\u00e9e de Jean.<\/p>\n<p>Jean, allong\u00e9 et inerte dans son linceul d\u2019immondices. Jean, couvert de mouches jusque dans le creux de ses orbites. Jean, tressautant d\u2019une vie larvaire sur le point d\u2019\u00e9clore.<\/p>\n<p>Non loin du cadavre, une canalisation ouverte laissa tomber un agr\u00e9gat noir\u00e2tre.<\/p>\n<p>Pas besoin d\u2019\u00eatre un g\u00e9nie en plomberie pour savoir que cette gaine aurait d\u00fb \u00eatre solidaire de sa cons\u0153ur, ouverte un m\u00e8tre plus loin. Tous ces d\u00e9chets, tous ces excr\u00e9ments d\u00e9vers\u00e9s jour apr\u00e8s jour sous la villa, avaient attir\u00e9 la lie des environs. Le r\u00eave de cette maison dans le Sud, celui de leur vie\u00a0: g\u00e2ch\u00e9 par un d\u00e9risoire petit oubli.<\/p>\n<p>Par un ridicule amas de d\u00e9jections.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un simple tas de merde.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une maison dans le Sud &nbsp; C\u2019\u00e9tait une maison, une maison dans le Sud. 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